ART

PRO176 : une écriture picturale aiguisée

Figure internationale incontournable, l’artiste français « recrache » dans sa peinture toute une culture assimilée pendant des années, la saupoudrant d’émotions pures mais aussi de convictions à contre-courant d’une pensée formatée. Stupéfiant !
Par Gabrielle Gauthier

 

Une confrontation avec le travail de cette légende urbaine ne laisse personne indifférent tant elle se révèle impactante… et même « salvatrice » lorsque l’on s’y attarde. Boulimique de connaissances, ce combattant des temps modernes pour qui le travail est la clé n’a de cesse de faire évoluer son art, déjouant les normes, cassant les codes, tranchant dans le vif le cas échéant, dans une quête de sens et de valeurs fondamentales. Avec une expertise absolue de la couleur et du trait, ses « représentations » du monde, profondément ancrées dans notre époque, engagent chacun dans une réflexion, nous incitant à voir bien au-delà des apparences. Une écriture picturale de plus en plus épurée mais toujours explosive poussée dans ses extrémités et dont la force laissera des traces !

As-tu réellement revendiqué une nouvelle forme de graffiti ?

Mon crew et moi avons inventé une nouvelle vision du graffiti, un nouveau courant que l’on a appelé « Galactik », en référence à l’ambiance futuriste mais aussi aux différentes formes que nous appliquions aux lettres, d’abord sur les murs puis sur les toiles. Cela a inspiré beaucoup de personnes, créé une véritable émulation. Aujourd’hui évidemment, je m’en suis totalement éloigné. D’ailleurs, je ne fais plus de pur graffiti depuis six ans.

Comment es-tu passé du lettrage à ton style actuel ?

En 2002-2003, j’ai commencé à travailler sur toile, je m’y suis remis en 2007-2008, lorsque j’ai rencontré Seen qui est devenu mon mentor et même mon manager. À ses côtés, j’ai beaucoup appris : l’histoire de l’art mais aussi comment m’investir dans la toile, comment me renouveler, comment appréhender le monde des galeries… Cela n’a été possible qu’en me libérant du graffiti que je pratiquais depuis mes 11 ans chaque jour et de ses nombreuses règles, afin d’être libre de proposer des œuvres totalement différentes mais avec le même ADN. Ayant fait le tour du graffiti, il fallait que je me tue en tant que graffeur pour renaître en tant que peintre.

 

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